VdM_216871 - copyright Ville de Marseille

Marseille est riche de 26 siècles d’histoire, mais le patrimoine de la ville est bien plus ancien et beaucoup plus vaste. Les peintures rupestres de la grotte Cosquer en situent ainsi l’origine aux alentours de – 27 000 ans…

Le mariage mythique de Gyptis et Protis, en 600 av J.C., fut l’occasion de la fondation de Massalia, cité grecque dans un contexte gaulois. Le site du port antique, au sein du nouveau Musée d’histoire de Marseille, offre au visiteur l’image de cette cité tournée vers la mer. Massalia, conquise par Jules César en 49 av J.C., deviendra un temps Massilia la romaine.

A l’époque médiévale, plusieurs lieux de culte chrétien ponctuent la ville comme la cathédrale (l’actuelle ancienne Major) ou l’église Saint-Laurent. À l’extérieur de la cité, l’abbaye de Saint-Victor s’installe sur la rive sud du port.

Parmi les édifices de la fin du Moyen Âge ou de la Renaissance encore visibles, il faut remarquer la maison dite de « l’échevin de Cabre » datée de 1535, et la maison diamantée, édifiée à la fin du XVIe voire au début du XVIIe siècle et qui tire son nom du décor de sa façade dit en « pointe de diamant ».

Ville rebelle au pouvoir royal, Marseille est conquise en 1660 par les troupes de Louis XIV. Les citadelles Saint-Nicolas et le fort Saint-Jean sont alors construits sur ordre du roi Soleil pour protéger et, surtout, surveiller la ville. Sous son règne, l’agrandissement de la cité fait passer Marseille de 70 à 195 hectares. La ville se transforme à travers plusieurs grandes opérations urbaines comme la création du Grand cours (actuel Cours Belsunce) sur les plans de Pierre Puget. Ce dernier sera aussi l’auteur des plans de l’hôpital général de la Charité à partir de 1671. Gaspard Puget, le frère de Pierre, et Matthieu Portal reconstruisent, à partir de 1665, l’Hôtel de ville.

L’enceinte élevée sous Louis XIV marque le territoire de la ville jusqu’au début du XIXe siècle. Devenus obsolètes, les remparts sont peu à peu détruits pour laisser place à l’extension urbaine.

Avec le XIXe siècle, s’ouvre à Marseille une période de mutation et d’essor à la fois économique et culturel. En 1844, débute le chantier de construction des nouveaux ports de la Joliette. En 1855, le percement de la rue Impériale (actuelle rue de la République) monumentalise le lien entre le cœur historique de la cité et la nouvelle ville industrielle souhaitée au Nord. Marseille se dote de prestigieux monuments. Et notamment le palais de la Bourse, le palais des Beaux-Arts, la Préfecture, le palais Longchamp symbolisant l’arrivée de l’eau par le canal de la Durance et qui abrite aussi le muséum et le musée des Beaux-Arts, la Basilique Notre-Dame de la Garde.
Avec la Seconde guerre mondiale, la ville est durement touchée par les destructions. Les architectes modernes sont sollicités pour participer à sa reconstruction. Le Corbusier va édifier son Unité d’habitation, l’une des icônes mondialement reconnue de l’architecture fonctionnaliste. Le nouveau quartier du Vieux Port, construit à partir de 1946 par Fernand Pouillon, devient la vitrine de cette Marseille renaissante.

Au XXIe siècle, le patrimoine de Marseille s’enrichit de grands équipements, à l’image du MuCEM et du nouveau stade vélodrome, tandis que le secteur d’Euroméditerranée voit se développer une nouvelle vision de l’urbanisme marseillais.

 

Quelques chiffres à retenir…

84 édifices et sites sont aujourd’hui protégés, à Marseille, au titre des Monuments historiques.
10% sont des sites et vestiges archéologiques.
73% sont constitués par des bastides, des châteaux, des hôtels particuliers et des ouvrages liés à l’architecture militaire.
17% sont des églises, abbayes, chapelles ou lieux de culte.
Immergée par 35 m de fond, la grotte Cosquer a révélé quelque 500 représentations peintes et gravées du paléolithique supérieur (27 000 ans av. J.C.). 13 espèces animales y sont représentées dont, pour la première et unique fois, des animaux marins : pingouin, poisson, phoque et méduse.