Place DAVIEL - copyright Ville de Marseille

L’histoire de Marseille, ville atypique avec son vaste territoire de 24 000 ha dont seulement 13 800 urbanisés, a été marquée par le développement d’un commerce maritime florissant durant la deuxième moitié du XIXe siècle, consécutive à la construction du port marchand.

­La ville sort de ses murs ancestraux, l’industrie occupe la façade maritime et les terrains plats de la vallée de l’Huveaune.

L’arrivée de l’eau de la Durance favorise l’irrigation des sols et le développement d’activités agraires et agroalimentaires.

L’urbanisation transforme le paysage rural de l’époque en une vaste entité qui englobe les 110 villages qui constituaient, au-delà du centre-ville actuel, la trame du territoire habité.

La deuxième moitié du XXe siècle absorbe une immigration massive alors que disparaissent les établissements industriels transformant les matières premières importées.

Les grandes infrastructures viaires et de transports qui ont accompagné ce développement, ont produit des coupures urbaines très fortes.

Leur organisation radiale, depuis la périphérie jusqu’aux portes de l’hyper centre, guidée par la géographie de Marseille constituée d’un cirque collinaire encerclant une rade tournée vers l’ouest, s’est affranchie des contraintes topographiques et de l’urbanisation préexistante au prix d’ouvrages qui laissent encore aujourd’hui des blessures profondes.

Elles ont, de manière paradoxale, généré l’enclavement de certains secteurs en destructurant un réseau ancien de dessertes locales dont les emprises réduites s’adaptaient mieux à la topographie et au paysage.

Cette confrontation brutale entre deux échelles de réseaux, interurbain et local, perdure encore aujourd’hui.